Le Laboratoire de philosophie incarnée a choisi de ne pas être présent sur Facebook, Instagram ou les autres réseaux sociaux*.

Le choix du Laboratoire est bien modeste, mais délibérément à contre-courant.  Faire circuler l’information autrement et expérimenter d’autres manières de nous relier socialement. Il ne s’agit ni de condamner les usages de chacun ni de prétendre pouvoir nous soustraire entièrement au monde numérique. Il s’agit plutôt de prendre au sérieux une question qui traverse toute notre démarche. Comment faire en sorte que nos gestes, même les plus ordinaires, commencent déjà à donner forme au monde que nous souhaitons habiter ?

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*(Explication de notre choix) Nous pensons que rien ne serait plus trompeur que de banaliser les réseaux sociaux et leurs effets sur nous comme sur le monde. Leur modèle économique repose en grande partie sur la captation de notre attention et nous inscrit dans des logiques marchandes et transactionnelles. Il favorise la mise en scène de soi et tend à faire de la visibilité et de la reconnaissance des formes de capital social. Cette nouvelle configuration sociale transforme insidieusement notre rapport au monde, à nous-mêmes, aux autres, et jusqu’à nos désirs les plus intimes. Cette réflexion concerne également notre rapport à la Terre. L’apparente immatérialité du numérique repose sur une infrastructure profondément matérielle ; centres de données, réseaux de télécommunication, milliards d’appareils, consommation d’eau et électricité, extraction de métaux et de minerais, fabrication et renouvellement accéléré des équipements, puis accumulation de déchets électroniques. Le défilement continu des contenus, la multiplication des images et surtout de la vidéo ont eux aussi un coût énergétique et écologique. Le « nuage » numérique n’a rien d’un nuage : il est fait de matières, de machines, d’énergie et de territoires. Il laisse une empreinte bien réelle sur la Terre.)